Dans chaque ruelle il y avait profusion de plantes vertes ou fleuries, les volets, les portes bleus ouverts sur des murs crépis à la chaux, tout ce qui témoignait des coutumes, de la vie des habitants d’Ostuni. © M.Charré
Sous l'arche immaculé était une vigne dont les sarments s'accrochaient à de fins madriers de bois. La récolte serait discrète, quelques grappes d'un fruit sucré qu'il faudrait sans doute disputer aux oiseaux. © M.Charré
Sur une terrasse, face à l'immense plaine plantée d'oliviers, je pensais à « Délia » la femme d’Ostuni. C’était une jeune fille que des fouilles avaient mis à jour. Sur ses genoux elle tenait un fœtus. Elle nous revenait auréolée de mystère, avait traversé 25 000 ans pour goûter à un étrange et dérangeant repos, exposée dans un cercueil de verre au Musée des Civilisations d’Ostuni. © M.Charré
A deux pas de la cathédrale l’Arc de l’Evêché enjambait une rue où se pressaient les passants. © M.Charré
Je crois me souvenir que c’est sur la Piazza Sansone, face à la colonne de San’Oronzo, que nous nous sommes attablés au Caffé Parissi pour les premiers Cappuccinos du jour, à l’arôme unique. Profiter du spectacle de la ville frémissante d’agitation et se laisser envahir par une douce torpeur. © M.Charré
Dans une ruelle où les marches de pierre invitaient à la visite, le cafetier voisin avait installé ses fauteuils et ses tables, chacun sur une marche, inattendu, audacieux, mais pratique. © M.Charré
Ville blanche, perchée sur trois collines, ceinte de longs fragments de murs médiévaux, Ostuni ressemblait à un village grec. Ce 1er mai avait fait affluer une population d’autochtones dans ses lacis de ruelles, d’escaliers véritable labyrinthe, idéal pour s’y perdre … © M.Charré
Sur la Piazza Sansone, s'élevait la colonne de San’Oronzo. Il semblait veillait sur la ville blanche et offrir sa bénédiction aux passants. © M.Charré
La cathédrale d’Ostuni, construite en pierre blonde dans la moitié du XVè possédait un joyau en sa rosace centrale à 24 rayons. Sa beauté était visuellement splendide. © M.Charré
Nous poursuivions notre marche, grimpant, égrenant les sassi, toujours étonnés, admiratifs, devant cette superposition de grottes transformées en lieux d’habitation, en maisons-palais aux arcades de dentelle, aux frises tendres, aux marches usées. © M. Charré
A l’époque où des villageois vivaient ici, des citernes creusées dans la roche retenaient les réserves d’eau douce, des bancs de pierre accueillaient la fatigue des hommes, et sur la paille se serraient hommes, femmes, enfants, chiens, brebis, cochons. Aujourd’hui c’était tout un monde que la vie avait déserté. Subsistaient en ces lieux des effluves d’étable qui avait traversé les siècles.
Des aboiements tout à coup nous parvinrent. Répercutés par les parois de pierre, ils contribuèrent à nourrir une vague frayeur. Maintenus prisonniers derrière les barreaux fermant l’accès des sassi, des chiens à l’allure féroce, crocs acérés, narines frémissantes, se jetèrent à notre rencontre, exprimant sur notre passage leur mécontentement, leur rage pour leur liberté entravée. © M. Charré
Matera, merveille d’architecture rupestre, nous invitait à gravir ses marches si nombreuses, c’était le prix à payer pour rencontrer ses églises baroques, ses vieux quartiers, ses artisans. Il y avait très peu de monde, les touristes étrangers ne venaient pas jusqu’ici, en cette terre dont les materanais étaient si fiers. © M. Charré
Il y avait le linge pendu au balcon, il séchait à la chaleur des rayons d'un soleil déjà chaud, juste soulevé par une brise matinale. © M. Charré
Etroites étaient les petites ruelles où nous nous engagions presque en file indienne. Quelques enseignes invitaient à une halte. Le pavement de ses ruelles était rendu brillant et glissant par les milliers de pas qui l’avaient foulé depuis le temps où de petites communautés tribales avaient habité les pentes herbeuses de la vallée. © M. Charré
C'est à l'envers que nous avons suivi le chemin de croix et les stations du Christ, visité deux églises rupestres. Et toujours le chemin montait, montait... © M. Charré
L’hôtel de la Casa di Lucio nous accueillit en ses voûtes vieilles de 7 000 ans. Les chambres étaient superbes, envoûtantes, qui méritaient le nombre d’étoiles accrochées à leurs pierres. Nous succombions à la magie de ces lieux, à la souplesse des arches à la douce courbure. © M. Charré
Sur le Sasso Barisano, perchée sur les sassis, se découpait la silhouette de la cathédrale de Matera. © M. Charré
Sur une petite place de la via d’Addozio, quelqu’un nous expliqua qu’un homme possédait les clefs de San Pietro Barisano. Mais ce dernier était parti travailler et ne rentrerait qu’au soir. De toute façon, San Pietro Barisano n’ouvrait ses portes que pour les concerts. © M. Charré
Matera, en province de Basilicate, était une ville splendide que l’ombre avait déjà envahie lorsque nous nous sommes arrêtés sur le belvédère. Nous étions tous les dix à prendre corps avec ce site vieux de 10 000 ans, à l’admirer dans la fraîcheur du soir. Le clocher de son église se détachait sur un ciel clair et la lune se profilait au-dessus de la ville troglodyte. Du haut de ce belvédère, nous avons regardé la ville des Sassi, splendide. Il n’était pas 19h et les cloches de San Pietro Caveoso carillonnèrent pour l’angélus. © M.Charré
Au coeur de la pierre docile, la démesure des buissons de fleurs sauvages. © M.Charré
A travers les ruelles qui chevauchaient les flancs de la cavité rocheuse, nous allions sans nous presser, le nez en l’air. En bas dans la gorge, coulait la rivière où venaient s’abreuver quelques vaches. Les cloches qu’elles portaient autour de leurs cous massifs tintinnabulaient et, remontait, jaillissait l’écho des notes de la gorge. © M. Charré