Comme l’écrivait Jean Ferrat, il y aurait « une jeunesse à repasser », enfin ici ce ne serait pas la peine. C’était jour de lessive sur l’Amazone, chez les caboclo. Il y avait de la couleur étendue sur les fils et le temps passerait vite où il faudrait déjà lever le linge que la chaleur du jour aurait séché.
A bord de l’Amazone Queen, nous avons longé les rives fertiles du Guama et d’Acara, à travers le delta de l’Amazone, navigué sur les bras des rivières. Il faisait très chaud. La fillette était là, sourire timide, lorsque nous avons accosté sur un ponton où notre table avait été dressée.
Combien d’arrêts où Marcio, les pieds sur la passerelle, accroché au tronc d’un manguier ou d’un palmier acaï (pinot), s’appliquait à nous en cueillir les fruits ou les grappes, tandis qu’il nous demandait de bien maintenir le canot près de la rive pour qu’il ne s’en écarte pas. Alors, nous attrapions les branches, les longues palmes, enfin ce qui était à notre portée en attendant qu’il rétablisse son équilibre.
Il avait plu averse ce soir là, sur le delta de l'Amazone. Nous avions accosté sur ses rives dans un petit village où nous nous sommes abrités. Lorsque la pluie a diminué nous nous sommes approchés du jeune garçon. Penché au-dessus d'une corbeille, il épépinait les baies d'acaï ; puis il les trierait comme les lentilles de nos grands-mères. Et pour le dîner du soir, sa mère les ferait griller.
L'açaï, açaizera en portugais, sont de ravissantes petites baies dont l’apport est très important dans l'alimentation des habitants d'Amazonie, où sa consommation remonte aux temps pré-colombiens. Gouttelettes de pluie ou grosses larmes, il est facile de comprendre pourquoi les indiens l’appellent aussi « iça-çai », le fruit qui pleure. Ils vont les cueillir sur le palmier pinot auquel elles s’accrochent par grappes.
Sur le Rio Preguiças, nous nous dirigions vers Caburé à bord d’un canot à moteur. Longue route nautique et botanique. Ainsi d’une longue tige cueillie par le capitaine allait éclore entre les mains de Marcio, notre charmant et jeune guide, une fleur magnifique. Il suffisait de la faire rouler dans les deux paumes jointes.
Dans la main qui le tient avec précaution et l’expose à nos regards curieux, le crabe a resserré ses pinces. Notre capitaine, descendu de la légère embarcation bâchée de bleu qui glissait sur l’Amazone, a plongé son bras jusqu’au coude pour aller le débusquer dans la boue obscure et douteuse de la mangrove. Sur les rives du fleuve, il est interdit de ramasser les femelles, pour que l’espèce continue de se perpétuer.
Nous nous dirigions vers la splendide Eglise de São Francisco de Assis, oeuvre de Antônio Francisco Lisboa, tout en arpentant les pavés de la petite ville. Assise sur un banc, elle remplissait dans leurs sachets de cellophane, les Brigadeiro, sorte de truffes au chocolat brésiliennes. J'aurais bien goûté à ces gourmandises dont l'odeur était venue taquiner mes narines.
Nous nous sommes arrêtés dans l'une de ces maisons coloniales, à la fois auberge, restaurant, petit musée, où l'on trouvait aussi quelques produits du cru, flacons mystérieux traversés de soleil. Et tout autour, après avoir descendu quelques marches de pierre, un jardin, une rocaille fleurie. L'ancienne caisse enregistreuse n'était plus qu'objet d'étonnement et de souvenirs.
Nichée au creux des montagnes, Ouro Preto était magnifique ce matin de notre découverte d’elle. Nous passions du soleil à l’ombre et je me souviens d’une clarté presque irréelle qui effleurait les maisons. Je regardais se dessiner les toits en une cascade de tuiles rondes.
Je sais cette église dans le Mina Gerais qui lance vers le ciel clochers, croix et tourelles. Ses murs sont percés de petites fenêtres rondes et grillagées, comme des regards discrets et bienveillants, ouverts à jamais sur l’âme de ses fidèles.
Dans le Minas Gerais, la petite ville d'Ouro Preto, née du siècle de l'or, à l'architecture baroque coloniale. Il est coutume de raconter que Tripui, un serviteur mulâtre qui étanchait sa soif à un ruisseau, ramassa en son lit quelques grains d’un étrange métal noir. Ceux-ci se révélèrent être de l’or. Ainsi fut fondée Ouro Preto en l’an 1711. Se serrait devant l'église aux formes rondes, le petit marché artisanal. On y vendait des objets sculptés dans la pierre à savon.
A mille deux cents mètres d’altitude, s’offrait à nos yeux, à notre admiration, la petite ville d’Ouro Preto, un véritable bijou. Elle frissonnait encore d’une lumière dorée. Le ciel était menaçant, mais quelques échancrures de bleu au-dessus de la colline nous firent croire que le jour serait beau, il le fut.
Quelques gerbes de roseaux hérissés affleuraient à la surface de la lagune aux reflets irisés, qu’un léger courant faisait frissonner. Seule source de lumière encore visible était le soleil à son coucher. L’ombre avançait sans hâte mais avec certitude. Il y avait de la douceur, de l’intimité dans le geste de la main qui s’inclinait, s’abandonnait à la dune. Mais quelles étaient ces empreintes de pas qui avaient creusé le sable ?
On a marché sur la lune ! … Le croyez vous ? Non, les silhouettes qui se fondent à l’horizon, foulent de leurs pas des dunes qui n’en conserveront pas la trace. Mais restera intact l’émerveillement devant la saisissante beauté des Lençois.
Harmonies des couleurs d’un paréo qui se détachait magnifiquement entre le sable de la dune et le ciel si bleu, si pur, qu’il en paraissait presque irréel. Image radieuse qui aurait pu n’être qu’éphémère, mais que l’objectif du photographe avait su saisir et emporter avant qu’elle ne disparaisse.
Dans cette fabrique on mélangeait de l’iode au sel pour en remplir des petits sacs. Etrange conception d’un designer fou, l’antique bicyclette avait été posée là, contre l’entassement des sachets de sel. Non qu’elle les soutienne, mais pour faire ressortir ses lignes et le dessin de son cadre !! Où allait se nicher la coquetterie des bicyclettes brésiliennes ?
C'est ici, oui c'est bien ici, que nous sommes entrés dans la lagune, que nous y avons immergé nos corps avides d'eau. Ce n'était guère profond, mais qu'importe le bonheur était là à portée de nos mains qui caressaient l'onde.
Les Lençois et leurs lagunes, une émotion esthétique que jamais je n’oublierai. De retour du Brésil, d’un Brésil qui nous a conduits sur le fleuve Amazone à la rencontre des populations installées sur le bord du fleuve dans des maisons sur pilotis, les « caboclos ». Ils se nourrissent du produit de leur pêche, des fruits qu’ils vont cueillir chaque jour et rapportent dans de grandes corbeilles par le fleuve. Nous avons longé les mangroves, aperçu des fruits exotiques connus et inconnus, regardé évoluer de magnifiques oiseaux, des ibis rouges, des grues neigeuses, des grands hérons. Nous sommes allés à la rencontre des perroquets, sur l’île aux perroquets, au tout petit matin pour les regarder s’envoler par couples à jamais unis. A l'embouchure du fleuve Amazone, nous avons découvert Belem et son étonnante architecture mêlée du baroque allemand, architectures italienne, portugaise, française. Combien fut belle notre visite à Alcantara, sous un soleil de plomb, après une traversée à bord d' un catamaran lancé à toute vitesse sur une mer houleuse. Je garde le souvenir des petites bourgades coloniales aux couleurs chatoyantes, aux rues pavées. Sao Luiz et notre heureux séjour, nous étions au début de notre voyage - cap nord-est.... Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous ici au fil des jours, je vous raconterai.


Ainsi, cette soirée qui devait consacrer le travail et le talent d’une artiste s’est déroulée hier soir non loin du célèbre boulevard Haussmann, du nom d’un baron qui avait l’obsession de la ligne droite, « le culte de l’axe ». Nous sommes venus nombreux parce que nous voulions qu’elle sache combien nous étions fiers et admiratifs de son œuvre féconde où les émotions affleurent, lui dire merci de nous laisser pénétrer dans son monde imaginaire porté par le souffle de son imagination.
A gauche « l’Envol », des propres mots de l’artiste « cette toile est « dédiée »… à un sentiment, à une impression… la liberté, la plénitude… l’intemporel… Une grâce posée là par les couleurs par la matière ». Sur le catalogue on peut y lire « réservé » ! Et, réservée, sa place l’est aussi sur l’un des murs de ma maison. Ceux qui savent comprendront. A droite « Le Rêveur », l’une des toiles qui a recueilli un succès remarquable. Le dos tourné, il porte son regard sur la mer, laisse ses pensées y dériver.
Bienvenue aux amateurs d’art, de talents, aux promeneurs attentifs, ouverts à toutes les formes de l’aventure de l’âme et des émotions. Je vous invite à ouvrir ce lien, celui de la compagne de mon fils, Sylvie Lavignac. http://lavignacsylvie.free.fr/Vous y trouverez comment vous rendre à la Galerie Everarts à Paris dans le 8ème arr. Elle y exposera ses toiles en septembre, en compagnie d’un autre peintre venu de Chine, Zhihong WEI. Alors n’hésitez pas, elle vous invite au voyage, venez découvrir son regard.
Mise à l’honneur en ouverture du Festival, Louise Brooks, dont on allait projeter « Loulou » (1929), un film réalisé par Georg Wilhelm Pabst. La séance serait accompagnée par une création musicale de Airelle Besson, Yonnel Diaz et Emmanuel David « aux accents funk, jazz et électro, dans le respect de la force tragique et émotionnelle de cet immense chef-d’œuvre de Pabst ». Sous la puissance des projecteurs le podium de La Villette me semblait si loin, mais il était cette marche vers la cour des grands pour ces musiciens de talent. Devant l’écran gigantesque où allait se dérouler l'histoire poignante, tragique de Loulou, ce soir-là j’étais fière d’Emmanuel, le compagnon de ma fille, papa de notre extraordinaire petite fille. Deux mille neuf serait l’année du réalisateur G.W. Pabst et je croisais les doigts pour que cet événement cinématographique propulse la musique originale de EYA.
Sur la pelouse du cinéma en plein air de la Villette, à la Porte de Pantin à Paris, ce premier soir, peu à peu les spectateurs s’installaient avec leurs transats, leurs couvertures, et bien sûr sans oublier les provisions de bouche et autres breuvages alcoolisés ou non. La soirée était douce, clémente. C’était une chance car les jours qui avaient précédé ce 15 juillet n’auguraient pas ce ciel clair et tranquille.
Vue aérienne sur Belem, notre premier regard sur ce Brésil, instant magique où tout sera à venir.
C'est le dimanche 12 octobre que nous nous envolerons sur la Tam Airlines à une heure tardive avec mes petits amis pour le Brésil, où nous atterrirons à Belem au lendemain. En quelques lignes chipées sur notre programme, voici notre itinéraire, juste pour vous faire rêver. C'est un itinéraire original (ça c'est ce que l'on nous promet...mais je le crois, je l'ai toujours cru) pour découvrir un autre Brésil. Une première étape nous conduira à Belem située à l'embouchure du fleuve Amazone. Une exploration des aspects méconnus de l’Amazonie du côté de Belem. Puis à l'étape suivante, nous nous dirigerons vers le Nordeste sauvage avec Sao Luiz, ville insulaire fondée par des Français, puis le parc national de Lençois Maranhenses. Nous découvrirons ce désert de dunes blanches et de lagons aux eaux cristallines qui s'étend sur 155 000 hectares et forme le plus grand parc national du nordeste, classé depuis 1981, et l'une des 7 merveilles naturelles au monde. Mais n'oublions pas le fantastique delta des Amériques, les plages paradisiaques de Jericoacoara et la sublime Fortaleza. Puis départ pour Brazilia, classé patrimoine du monde par l’UNESCO pour son architecture unique. Avant de conclure nous nous dirigerons vers le Minas Gerais pour ses trésors baroques et les plages paradisiaques et la vie trépidante de Rio.
Alors vous pouvez comprendre combien je trépigne d'impatience. Rendez-vous compte, l'année passée trois voyages, cette année un seul et il aura fallu l'attendre jusqu'à cet octobre à venir. Mais ne dit-on pas que l'attente fait partie du plaisir ! Peut-être mais en la circonstance mon plaisir s'impatiente et je ne suis pas disposée à croire en la "sagesse populaire"!